mercredi 19 mars 2008

Les élections italiennes, FAQ

Dans notre série "Italian votings for dummies", aujourd'hui une question de la petite Julie, de Berkeley :

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Date: Wed, 19 Mar 2008 00:35:27 +0000
From: julie
Subject: italie politique
To: gwendal

Bonjour,
A la lecture d'un article du Monde intitule, "berloscuni bien parti pour gagner" , je voulais avoir ton avis qq semaines apres le debut de la campagne.
entre autres interrogations,
comment berlusconi peut-il gagner vu les reactions qu'il y avait eu la derniere fois quand il est parti?
prodi s'en va? il me fait un peu penser a jospin ( la tete, le retrait...), ouais j'tripe peut etre un peu...

Ju

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Bonjour Julie ! On dit des francais qu'ils n'ont pas de mémoire, les italiens ne sont pas mieux ^^ Ceci dit, je ne serais pas catégorique sur la victoire d'il Popolo della liberta (pdl, berlusconi). Le PDL partait en début de campagne avec plus de 15% d'avance sur le PD. Sauf que depuis son annonce de faire cavalier seul sans les centristes et sans l'extrême gauche, et avec une campagne hyperactive, le PD est maintenant revenu à 6 points du PDL, qui fait une campagne à chier. Il faut ajouter à cela le fait que les thèmes centraux de la camapgne n'avantagent pas Berlusconi :

- pouvoir d'achat/croissance/inflation : le début de récession (on annonce moins de 0,5% de croissance pour l'italie en 2008) s'est enclanché sous prodi mais est le fruit des réformes structurelles que Berlusconi n'a pas faites, lui. Et ses opposants ne se privent pas de le rappeler.

- réforme institutionnelle : la loi électorale, sur laquelle tous crachent en choeur, est, pour ceux qui ont un peu de mémoire, une loi votée à l'initiative de berlusconi en 2005.

- thème de la "nouveauté" politique : l'échec de la formule classique de coalition large (centre + gauche modérée + coco VS centre + droite modérée + droite libérale + conservateurs + neofascistes) a montré son inefficacité. C'est un thème plus que majeur de la campagne. En réaction, le aprti issu du centre gauche (PD) fait campagne en cavalier seul, avec des figures nouvelles au niveau national. Et ca marche. La droite de berlu, elle, s'est fondue dans un objet politique bizarre, une alliance de partis qui ne porte pas vraiment son nom. Mais ses chefs de file restent les mêmes (berlusconi et Fini), ce qui risque de jouer en leur défaveur, surtout chez les jeunes. Ils auront du mal à ratisser hors de leur électorat de base, alors que les indécis représentent encore plus de 25% des électeurs, selon les sondages.

Rien n'est joué donc. Perso je pense que la droite gagnera, mais d'une très courte tête. Faut voir.


Sinon, Prodi s'en va, effectivement. Il a dit qu'il abandonnait la politique nationale, et peut-être la politique tout court. Mais sur ce second point rien n'est sur, il n'a pas été catégorique. Ce qu'il y a en fait c'est qu'il a perdu toute influence majeure :
- avant la création du parti démocrate (PD), il était le chef de file du centre gauche, car seul réussissant à réunir tout le monde autour de lui. Maintenant que le PD existe, semble fort et est mené par Veltroni, il n'a plus ce statut là.
- la formation classique d'alliance de centre gauche (des démocrates chrétiens aux communistes) a montré son incapacité à gérer le pays. Prodi a été monté en symbole de cet échec. Difficile de mener une carrière politique nationale après ca. Plus qu'un départ, c'est en fait l'acceptation de sa mise au placard, au final.

Il reste possible qu'il se réinvestisse dans la politique européenne, ceci dit. C'est là qu'il a le mieux réussi (il a été président de la commission à la fin des années 90), ca ne m'tonnerait pas qu'on le retrouve aux prochaines élections européennes.



Vous aussi, posez vos question sur la politique italienne, en commentaire ou par mail :D

mardi 4 mars 2008

Yahoo ! (non, pas le portail web)

Contrepied du post précédent : OUAIS ! TROCOOL !

Mais, pourquoi donc ?

Eh bien parce que, alors que la moitié de l'europe est sous la pluie, la neige, la grêle voire la tempête, moi je me balade en t shirt dans les rues de Rome sous un soleil radieux.

Et ca fait un bien fou, vous devriez essayer.


A part ca, on entre en pleine multi-campagne électorale féroce ici, et plus encore à Rome que dans le reste de l'italie. Résumé succint (enfin, autant que possible, parce que c'est un bordel mémorable. Les primaires US c'est de la rigolade à côté):

La coalition de centre gauche au pouvoir depuis les élections politiques (législatives+sénatoriales, en fait, par opposition aux élections "administraives" des conseils de province) de 2006, menée par Romano Prodi, a éclaté après la démission de Clemente Mastella, ministre de la justice et président du petit parti centriste UDEUR (Union des Démocrates Européens) démission suite à l'implication de sa femme dans une histoire de corruption.

La coalition de l'Ulivo (l'Olivier, regroupant centre démocrate chrétien, sociaux démocrates, socialistes, verts, cocos, post cocos) a donc éclaté et perdu sa maigre majorité. La droite, de laquelle Berlusconi a retrouvé le contrôle peu auparavant grâce (ironie de l'histoire ou manoeuvre délibérée, l'avenir le dira) au tout nouveau Parti Démocrate, noyau de la coalition Prodi (l'Ulivo, donc), qui en négociant avec lui sur un projet de réforme électorale l'a réhabilité comme chef de la droite (alors qu'il était contesté) et brisé le ciment d'antiberluscoisme qui soudait le centre gauche, a donc (oui, Berlusconi, revenez au début de la digression, c'est logique, je vous jure) sonné la charge et fait pleuvoir les actions politiques devant forcer Prodi à mettre sa confiance en jeu sur le budget, sujet qui divisait déjà sa coalition avant.

Le vote a été favorable à Prodi au parlement, mais au Sénat deux voix ont manqué. Deux voix grâce auxquelles on a pu voir les députés d'Alleanza Nazionale (droite très conservatrice, 12%, second parti de la coalition de Berlusconi) sabrer le champagne pour de vrai dans l'hémicycle. C'est la légendaire classe à l'italienne, je suppose.

Le président de la république, Giorgio Napolitano (qui en Italie a uniquement un rôle d'arbitre institutionnel et d'inaugurateur de crysanthèmes), a essayé de pousser à la création d'un gouvernement d'union nationale sur le thème de la réforme électorale (les problèmes parlementaires venant du fait qu'obtenir une majorité stable est quasi impossible), mais voyant l'opportunité de retrouver le pouvoir (et de faire cesser les poursuites judiciaires qui l'accablent diront les mauvaises langues) à très court terme, berlusconi a refusé toute conciliation.

En route donc pour de nouvelles élections.

Le prochain volume, d'ici très peu, ce sera sur les recombinations entre partis et l'émergence possible de plus de bipartisme (par opposition aux 54 formations représentées au parlement/sénat lors de la dernière législature)

mercredi 27 février 2008

Rat des villes, rat des champs

Bon, contrairement à tout ce que j'ai annoncé dans la note précédente, ce post ne concernera pas la politique italienne ni rien.

En fait il ne concerne même pas l'Italie à proprement parler.

Ce soir j'ai le mal du pays. C'est balot. Ca arrive à tout le monde, c'est vrai. Mais plus que le mal du pays j'ai le mal de la ville. Marre du béton, du bruit, des gens...

Si je pouvais réaliser un souhait là maintenant tout de suite, je demanderais à être téléporté sur une plage du finistère, face à la manche, à l'Atlantique. A l'océan quoi, pas cette flaquasse saumatre qu'on appelle méditerranée. J'ai envie, besoin de prendre le vent chargé de sel, de sentir les embruns, de voir l'eau grise battre les rochers.

Je suis un peu trop breton, là, je crois.

lundi 18 février 2008

Coming Soon...

... de la musique, quelques photos, des visites, et mes endroits favoris.


Et en exclusivité mondiale, Karl Marx Ressuscité.


Eh ouais, rien que ça.