Dans notre série "Italian votings for dummies", aujourd'hui une question de la petite Julie, de Berkeley :
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Date: Wed, 19 Mar 2008 00:35:27 +0000
From: julie
Subject: italie politique
To: gwendal
Bonjour,
A la lecture d'un article du Monde intitule, "berloscuni bien parti pour gagner" , je voulais avoir ton avis qq semaines apres le debut de la campagne.
entre autres interrogations,
comment berlusconi peut-il gagner vu les reactions qu'il y avait eu la derniere fois quand il est parti?
prodi s'en va? il me fait un peu penser a jospin ( la tete, le retrait...), ouais j'tripe peut etre un peu...
Ju
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Bonjour Julie ! On dit des francais qu'ils n'ont pas de mémoire, les italiens ne sont pas mieux ^^ Ceci dit, je ne serais pas catégorique sur la victoire d'il Popolo della liberta (pdl, berlusconi). Le PDL partait en début de campagne avec plus de 15% d'avance sur le PD. Sauf que depuis son annonce de faire cavalier seul sans les centristes et sans l'extrême gauche, et avec une campagne hyperactive, le PD est maintenant revenu à 6 points du PDL, qui fait une campagne à chier. Il faut ajouter à cela le fait que les thèmes centraux de la camapgne n'avantagent pas Berlusconi :
- pouvoir d'achat/croissance/inflation : le début de récession (on annonce moins de 0,5% de croissance pour l'italie en 2008) s'est enclanché sous prodi mais est le fruit des réformes structurelles que Berlusconi n'a pas faites, lui. Et ses opposants ne se privent pas de le rappeler.
- réforme institutionnelle : la loi électorale, sur laquelle tous crachent en choeur, est, pour ceux qui ont un peu de mémoire, une loi votée à l'initiative de berlusconi en 2005.
- thème de la "nouveauté" politique : l'échec de la formule classique de coalition large (centre + gauche modérée + coco VS centre + droite modérée + droite libérale + conservateurs + neofascistes) a montré son inefficacité. C'est un thème plus que majeur de la campagne. En réaction, le aprti issu du centre gauche (PD) fait campagne en cavalier seul, avec des figures nouvelles au niveau national. Et ca marche. La droite de berlu, elle, s'est fondue dans un objet politique bizarre, une alliance de partis qui ne porte pas vraiment son nom. Mais ses chefs de file restent les mêmes (berlusconi et Fini), ce qui risque de jouer en leur défaveur, surtout chez les jeunes. Ils auront du mal à ratisser hors de leur électorat de base, alors que les indécis représentent encore plus de 25% des électeurs, selon les sondages.
Rien n'est joué donc. Perso je pense que la droite gagnera, mais d'une très courte tête. Faut voir.
Sinon, Prodi s'en va, effectivement. Il a dit qu'il abandonnait la politique nationale, et peut-être la politique tout court. Mais sur ce second point rien n'est sur, il n'a pas été catégorique. Ce qu'il y a en fait c'est qu'il a perdu toute influence majeure :
- avant la création du parti démocrate (PD), il était le chef de file du centre gauche, car seul réussissant à réunir tout le monde autour de lui. Maintenant que le PD existe, semble fort et est mené par Veltroni, il n'a plus ce statut là.
- la formation classique d'alliance de centre gauche (des démocrates chrétiens aux communistes) a montré son incapacité à gérer le pays. Prodi a été monté en symbole de cet échec. Difficile de mener une carrière politique nationale après ca. Plus qu'un départ, c'est en fait l'acceptation de sa mise au placard, au final.
Il reste possible qu'il se réinvestisse dans la politique européenne, ceci dit. C'est là qu'il a le mieux réussi (il a été président de la commission à la fin des années 90), ca ne m'tonnerait pas qu'on le retrouve aux prochaines élections européennes.
Vous aussi, posez vos question sur la politique italienne, en commentaire ou par mail :D
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3 commentaires:
C'est qu'il fait des vrais analyse politiques le Gwendal :)
Je m'instruit...
Si j'ai bien compris du coup le paysage politique italien s'est complétement simplifié ? les 12 000 partis locaux ont disparus ?
bah, faut bien que mes cours me servent un peu :D
Ouais, ca s'est simplifié.
En gros, t'as le centre gauche qui a tout fusionné dans le Parti Démocrate, la gauche coco et postcoco et les verts qui ont fait une "fédération" (la sinistra arcobaleno), les deux gros partis de centre droit (Forza Italia et Alleanza Nazionale) qui ont fait un truc chelou qui s'appelle "il popolo della liberta" et quelques partis centristes cathos libéraux qui ont créé "la rose blanche".
Il reste autour de ca une quinzaine de tout petits partis, mais bon, ca élague déjà pas mal par rapport aux 57 formations représentées à la chambre sous la précédente législature :D
Genre comment il se la pete l'autre.
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